Un classique parmi les classiques... Comme quoi, on peut passer 15 ans à lire des mauvais genres et louper quelques jalons.
Un bon roman, un beau roman, en forme de monologue, sur la différence, sur les petites misères de l'existence, sur un "mutant", un anormal, David Sellig, qui survit grâce à son don tout en l’exécrant.
C'est une histoire lente, qu'on voit à peine évoluer, sans grands rebondissements. Pour autant, on entre facilement dans la tête de David Sellig, lui qui est tellement habitué à entrer dans celle des autres. On se surprend à ressentir de l'empathie et à vivre à ses côtés le cheminement de sa déchéance.
lundi 27 mai 2013
samedi 11 mai 2013
Si près du bord dans Malpertuis IV
Voici venir une vraie publication, comme on n'en a pas vu depuis bien longtemps, surtout que celle-ci a été reportée de fin 2012 à mai 2013... les aléas éditoriaux... bref :)
Annoncée pour (en toute logique) les Imaginales d'Epinal, Malpertuis IV vous propose une nouvelle incursion dans le fantastique sous toutes ses formes, même les plus légères, et je ne dis pas ça à la... légère.
En effet, Si près du bord raconte les aventures d'une petite fille et de son grand-père, depuis l'hospice mouroir du second jusqu'à sa maison familiale, à la recherche de la première qui a disparu.
La présentation de l'éditeur :
Et si l’ours en peluche oublié dans un placard complotait une terrible vengeance ? Et si une petite fille se révélait être la plus épouvantable des créatures ? Et si, tout d’un coup, le silence s’emparait du monde ? Et si, face à une invasion de zombies, une cave à vins était le meilleur des refuges ? Et si une poupée fabriquée à la chaîne à l’autre bout du monde recelait un terrible secret ?
Vingt-deux auteurs tentent de répondre à ces questions, et à bien d’autres. Mais les pires monstres ne résident pas tous au fond des bois...
Nouvelles de Jean-Michel Calvez, Olivier Caruso, Anthony Combrexelle, Julie Conseil, Frédéric Czilinder, Robert Darvel, Romain d’Huissier, Didier Fédou, François Fierobe, Jennifer Flajolet-Toubas, Jacques Fuentealba, Julien Heylbrock, Chris B. Honspacq, Fabienne Leloup, Laurent Million, David Mons, Georges Mugand, Valérie Simon, Guillaume Suzanne, Robin Tecon, Jan Thirion, Aurélie Wellenstein.
Annoncée pour (en toute logique) les Imaginales d'Epinal, Malpertuis IV vous propose une nouvelle incursion dans le fantastique sous toutes ses formes, même les plus légères, et je ne dis pas ça à la... légère.
En effet, Si près du bord raconte les aventures d'une petite fille et de son grand-père, depuis l'hospice mouroir du second jusqu'à sa maison familiale, à la recherche de la première qui a disparu.
La présentation de l'éditeur :
Et si l’ours en peluche oublié dans un placard complotait une terrible vengeance ? Et si une petite fille se révélait être la plus épouvantable des créatures ? Et si, tout d’un coup, le silence s’emparait du monde ? Et si, face à une invasion de zombies, une cave à vins était le meilleur des refuges ? Et si une poupée fabriquée à la chaîne à l’autre bout du monde recelait un terrible secret ?
Vingt-deux auteurs tentent de répondre à ces questions, et à bien d’autres. Mais les pires monstres ne résident pas tous au fond des bois...
Nouvelles de Jean-Michel Calvez, Olivier Caruso, Anthony Combrexelle, Julie Conseil, Frédéric Czilinder, Robert Darvel, Romain d’Huissier, Didier Fédou, François Fierobe, Jennifer Flajolet-Toubas, Jacques Fuentealba, Julien Heylbrock, Chris B. Honspacq, Fabienne Leloup, Laurent Million, David Mons, Georges Mugand, Valérie Simon, Guillaume Suzanne, Robin Tecon, Jan Thirion, Aurélie Wellenstein.
dimanche 28 avril 2013
[Critique] La Saga des Poubelles
Curieux de voir comme parfois les coïncidences s'acharnent à rendre vos prédictions ridicules... Pas plus tôt qu'il y a 3 jours, je racontais que mes anciennes parutions ne bénéficiaient plus d'une couverture médiatique optimale (pour simplifier) et qu'à ce titre, les médias ne s'en faisaient plus l'écho depuis longtemps. Par médias j'entends les blogs ; par écho j'entends chronique / avis / notule / WTF tant qu'on parle de moi mes écrits.
Eh bien 3 jours après que je me sois plaint que les retours étaient rares sur mes Poubelles, voici un avis sur la Saga entière, tome 1, tome 2 et même Guide !
L'avis de Tweety sur l'Univers de Laea :
"Les trois livres sont remplis d'humour, de référence à d'autres histoires de SF... Le vocabulaire utilisé est très diversifié, soutenu puis familier et cela donne du rythme à notre récit et nous tire souvent des larmes de rire. Mais il y a aussi tout un vocabulaire inventé qui lui est très drôle [...]
Le troisième livre est un guide qui revient sur toutes les races rencontrées et cela donne lieu à d'énormes éclats de rires [...]
En conclusion : Une histoire à dévorer, pleine d'humour [...]"
Merci à Tweety... C'est très compliqué de recevoir des commentaires maintenant sur ces textes parus en 2008 et 2010, surtout sachant que la suite est en approche... J'espère vraiment que le tome 3 sera sur les rails pour la date prévue car je vous réserve pas mal de surprises (encore).
Est-ce Bagneux qui a relancé l'intérêt pour la Saga des Poubelles ? Sont-ce les lecteurs qui se renouvellent ? No se. Mais tout ça fait chaud au cœur :)
Eh bien 3 jours après que je me sois plaint que les retours étaient rares sur mes Poubelles, voici un avis sur la Saga entière, tome 1, tome 2 et même Guide !
L'avis de Tweety sur l'Univers de Laea :
"Les trois livres sont remplis d'humour, de référence à d'autres histoires de SF... Le vocabulaire utilisé est très diversifié, soutenu puis familier et cela donne du rythme à notre récit et nous tire souvent des larmes de rire. Mais il y a aussi tout un vocabulaire inventé qui lui est très drôle [...]
Le troisième livre est un guide qui revient sur toutes les races rencontrées et cela donne lieu à d'énormes éclats de rires [...]
En conclusion : Une histoire à dévorer, pleine d'humour [...]"
Merci à Tweety... C'est très compliqué de recevoir des commentaires maintenant sur ces textes parus en 2008 et 2010, surtout sachant que la suite est en approche... J'espère vraiment que le tome 3 sera sur les rails pour la date prévue car je vous réserve pas mal de surprises (encore).
Est-ce Bagneux qui a relancé l'intérêt pour la Saga des Poubelles ? Sont-ce les lecteurs qui se renouvellent ? No se. Mais tout ça fait chaud au cœur :)
jeudi 25 avril 2013
[Critique] Les poubelles pleurent aussi
Un peu d’auto-congratulation (ou flagellation) ne fait pas de mal et j'ai l'habitude de compiler les bonnes comme les mauvaises critiques / chroniques / avis / notules sur mes écrits. Comme ça fait un moment que je n'ai rien publié stricto sensu, lesdits critiques / avis / etc. se font plutôt rares mais on parvient encore à en dénicher au détour du oueb, en l'occurrence...
Stéphane Alias Gallay qui s'est procuré Les poubelles pleurent aussi au Salon du livre de Bagneux et voici son avis :
"À la lecture, c’est marrant ; délirant, même [...] L’écriture est bien : un style plaisant, alignant les références absconses et les formules tarabiscotées, pour un effet comique très réussi [...] c’est une lecture qui est somme toute assez sympathique ; je mentirais si je disais que je me suis ennuyé à la lecture. J’espère juste que la suite, Les poubelles pleurent toujours, sera un peu plus construite."
Stéphane Alias Gallay qui s'est procuré Les poubelles pleurent aussi au Salon du livre de Bagneux et voici son avis :
"À la lecture, c’est marrant ; délirant, même [...] L’écriture est bien : un style plaisant, alignant les références absconses et les formules tarabiscotées, pour un effet comique très réussi [...] c’est une lecture qui est somme toute assez sympathique ; je mentirais si je disais que je me suis ennuyé à la lecture. J’espère juste que la suite, Les poubelles pleurent toujours, sera un peu plus construite."
Merci à Stéphane pour son intérêt et je tiens le pari : Les poubelles pleurent toujours est plus construit. Cet Univers se met vraiment en place progressivement et je comprends les remarques, plutôt récurrentes, sur la brièveté et le relatif dénuement des Poubelles 1. Mais, eh, les gens, c'est une novella, ok ? C'est dans le contrat de départ, je veux dire. Faire court. Il n'était pas du tout prévu d'écrire une suite (ni deux... ça arrivera un jour, soyez patients) mais je me rends compte que si le tome 1 est un déclencheur, le 2 et bientôt le 3, nourrissent, construisent, apportent leur(s) pierre(s) à l'édifice et avec le recul, les 3 tomes ne font qu'un.
Seul Le Guide la poubelle galactique est "à part", une sorte de friandise, de péché mignon (in)dispensable.
Seul Le Guide la poubelle galactique est "à part", une sorte de friandise, de péché mignon (in)dispensable.
dimanche 17 mars 2013
Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Christopher, 15 ans, autiste, découvre le cadavre de Wellington, le chien de sa voisine, lors d'une balade nocturne. Fervent admirateur de Sherlock Holmes, il décide de mener l'enquête, dans un livre ovni qui relève autant de la farce mathématique que du récit initiatique. Ou comment l'enquête sur la mort d'un chien va permettre au jeune garçon de s'ouvrir au monde et à ce que les grands font tout pour lui cacher...
Drôle, enlevé, un roman vu de l'intérieur d'un cerveau génial qui n'a qu'un problème de décodage du monde réel et de son fonctionnement. Allez, on aura juste à déplorer de mon point de vue un coup de mou aux deux tiers de l'histoire, ça ralentit, ça s'envase (l'intermède à Londres), avant de repartir de plus belle. Au final, très beau livre, touchant, à lire.
Drôle, enlevé, un roman vu de l'intérieur d'un cerveau génial qui n'a qu'un problème de décodage du monde réel et de son fonctionnement. Allez, on aura juste à déplorer de mon point de vue un coup de mou aux deux tiers de l'histoire, ça ralentit, ça s'envase (l'intermède à Londres), avant de repartir de plus belle. Au final, très beau livre, touchant, à lire.
lundi 11 mars 2013
L’Univers Littéraire Microcosmique : relativité du temps éditorial
Aujourd’hui, je vous fais partager une expérience qui
éclaire sous un jour sombre la réactivité, que dis-je, la pugnacité, de (certains
de) nos excellents partenaires éditeurs de SFFF.
Au hasard, je reprends un fil de messages qui croupit dans
ma boîte mail de réception, et que je finirai, par dépit, par ranger dans
l’abîme des soumissions inabouties (qui est, comme vous pourrez en juger avec
la suite, d’une profondeur certaine).
En date du 21/04/2010, je soumets donc aux dynamiques
éditions Chmurz* (*non, je ne pousserai pas l’outrecuidance jusqu’à les citer nommément) un
texte de mon cru, pour une collection dédiée, en respectant à la lettre la
batterie d’obligations éditoriales et de contraintes exigées par lesdites sur
leur site Internet, qui, au demeurant, est très clair et très professionnel.
Le 30/04/2010, je reçois un accusé de réception des éditions
Chmurz qui me remercient beaucoup d’avoir pensé à eux pour proposer à la
postérité les mots dévoyés que j’ai couchés sur la page. On me dit que mon
texte sera lu dans les meilleurs délais et que je recevrai tout ébahi une
réponse, positive ou négative, dans un délai n’excédant pas 3 mois.
Quelle clarté, quel professionnalisme, me direz-vous, et
vous aurez bien raison, c'était bien mon avis avant même que vous ne vous en mêliez.
Sauf que.
3 mois passent, et Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien
venir ? Eh bien, non. Bien sûr, nous ne sommes pas à 1 jour près, ni 2 ni même 3,
donc je laisse les éditions Chmurz méditer, le temps de lire ma prose, et je
reçois bientôt, comme une douce récompense à ma patience… rien du tout.
Dans le vide, on ne vous entend pas crier. D’ailleurs, si on
y réfléchit bien, c’est même stupide, puisque, dans le vide, vous n’avez même
pas le souffle suffisant pour former un cri. Enfin bref, laissons de côté pour
un temps ces considérations bassement respiratoires, et revenons à nos chmurztons.
Le 11/08/2010, je prends mon courage et le clavier de mon
ordinateur à deux mains pour signifier (gentiment) aux éditions Chmurz que je
n’ai plus d’ongles à ronger suite à leur long silence, et leur demander, s’il
est envisageable d’oser aborder mon problème sous cet angle, s’ils auraient eu
le temps de lire l’objet de mon tourment.
À peine émise, ma supplique pleine d’espoir trouve l’écho
escompté par le retour immédiat et bienvenu d’une… absence totale de réaction.
Stupeur et ébahissement. Je vérifie que l’adresse mail de
contact n’a pas changé, que la maison d’édition existe toujours (hi hi) et
qu’elle ne s’est pas reconvertie entretemps dans l’édition numérique
d’almanachs Vermot. Mais non, tout est OK. Ouf.
Je ronge mon frein, la mort dans l’âme. Mais mon aventure
prend un tour sinistre, quand par cette ténébreuse journée du 23/11/2010, c'est-à-dire 7 mois après ma soumission initiale, je me
décide à re-relancer les éditions Chmurz, les sympathiques, dynamiques,
hiératiques, voire erratiques.
Là, me parvient le même jour d’outre-tombe, une réponse que
je ne résiste pas au plaisir de vous retranscrire dans toute sa confondante
saveur :
Bonjour,
Malheureusement, nous n'avons pas encore eu le temps de
lire votre manuscrit. Nous sommes les premiers désolés de cette situation, mais
[excuse bidon].
Nous espérons bien rattraper notre retard en
janvier/février.
Cordialement,
Les éditions Chmurz
J’avoue qu’avec le recul, j’aurais dû me méfier : janvier/février,
sans mention d’année… Ça sentait le roussi.
Et effectivement, presque 2 ans plus tard, le 24/09/2012, je me
suis fendu d’une nouvelle bouteille à la mer, je pense, non sans humour :
Bonjour chères éditions Chmurz,
Vous serait-il possible de me confirmer la lecture (et le
refus... je ne me fais plus guère d'illusions :)) de ***, dont je suis sans
nouvelle depuis plus de 2 ans et pour lequel j'aimerais m'assurer, par
correction, de votre désintérêt avant de le proposer à d'autres.
Vous en remerciant par avance et vous souhaitant bonne
continuation,
Cordialement,
Un courriel léger, propre sur lui, dont ne sourdait pas la
moindre rancœur d’avoir été considéré comme une souillure lépreuse.
Le croirez-vous ? Depuis, pas de réponse…
Le temps éditorial est relatif, chers lecteurs : quand
3 mois passent pour les éditeurs, cela vous semble 3 ans…
Keep going !
mardi 26 février 2013
[S3] Une question sans réponse
En 2008, les éditions Dreampress.com, emblématique éditeur de la revue (devenue anthologie) Ténèbres ont lancé un appel à textes intitulé : Méchants !
Il s'agissait d'écrire à son méchant préféré… (S.-F., fantastique, fantasy et thriller en littérature, au cinéma ou à la télévision). Conditions de participation : donner le nom du méchant choisi. Rédiger une lettre à son intention de 15 000 signes maximum (y.c. espaces) replaçant le méchant dans son contexte et faisant preuve d’originalité, d’imagination et de qualités littéraires.
J'avais adressé Une question sans réponse à Dreampress.com et avais eu le plaisir d'être sélectionné. Fin 2009, joie et félicité, acceptation, demande de renseignements, l'anthologie arrive, elle est au four, la cuisson est bientôt terminée...
Et depuis, black-out total. Fin 2010, je relance. On me dit, "ça va venir". Divers échos depuis lors me font penser que les Méchants ! sont bel et bien enterrés. Les méandres de l'édition, guerre et paix, joie et peine, amour et haine.
Aussi, je profite de ce capotage pour proposer à votre sagace lecture le texte prophétiquement titré :
Chère teigne,
J’espère que cette lettre te parviendra par-delà les mondes. Voilà bien longtemps que tu ne hantes plus nos écrans, uniquement ma mémoire et mes rêves. Bien que tu aies disparu de la circulation, on trouve encore quelques images de toi, éparses, toujours aussi effrayantes. Ta violence, primitive, bestiale, était ton plus évident signe distinctif. Tu as toujours été si fier, si suffisant. Ta cruauté gratuite n’avait d’égal que ta ténacité. C’est ce qui a fait de toi un grand méchant même si tu as connu une gloire éphémère.
À ton époque, il était inconcevable de traverser une forêt sans craindre pour sa vie, la peur au ventre, priant pour ne pas croiser ta route ni entendre retentir ton rire insane. Tu crachais ta vengeance sordide à la face de l’Humanité, sans honte de ce que tu étais, y puisant force et plaisir, te nourrissant de la peur, te rassasiant des cris de panique.
Bien sûr, pour beaucoup tu n’es plus qu’un lointain souvenir un peu amer mais je n’ai jamais pu t’oublier. Je ne me rappelle que trop bien ton regard noir et haineux, et le souffle de ta tronçonneuse quand tu t’approchais pour taillader les chairs. Tu aspirais à barbouiller l’univers d’écarlate.
On ignore tout de tes origines mais je devine que ta silhouette bouffie est le produit de quelque expérience consanguine, que tu es issu d’une longue et pénible dégénérescence génétique. Et quand on pense que, sous cette folie, il y avait un homme bon, comme les autres, un homme qui s’appelait Maurice.
À l’image de tes semblables, tu as survécu à tout. Ce dont tu as réchappé, aucun homme n’aurait pu l’endurer. Frappé par la foudre, expulsé d’une camionnette roulant à tombeaux ouverts, piétiné par un camion, roué de coups, passé à tabac par une vingtaine de gros bras… Rien n’y a fait. Tu t’es relevé de chacune de ces épreuves, plus fort, plus fou, plus féroce. Tu avais de quoi susciter l’admiration ou, à tout le moins, une fascination maculée d’écœurement. Il n’y a guère que face à la famille Addams toute entière que tu as perdu de ta superbe, échouant dans un container à ordures.
Ensuite, tu t’es fait discret. Tu as été détrôné par d’autres énergumènes, plus modernes, et à l’antipathie plus souterraine. Ta méchanceté était trop évidente, tu la portais comme un étendard. Les bad boys comme toi ont toujours été des produits périssables.
J’avais espéré me défaire un jour de ton influence démoniaque, de ton rire glaçant, mais force m’est d’admettre que tu berces toujours mes cauchemars depuis plus de quinze ans.
Oh bien sûr, les autres ne peuvent pas comprendre la terreur muette que tu m’inspires et l’emprise que tu exerces sur moi. Ils ont des démons fantasmés, surpuissants et hideux. C’est ton humanité qui fait de toi un monstre à part, un monstre qui me tétanisera toujours plus que n’importe quel Alien, Gripsou ou Dracula.
Je voulais juste te dire, avant que tu ne joues les fiers à bras, que tu ne me fais plus peur. J’ai vaincu mes démons, je t’ai affronté, j’ai bu la coupe jusqu’à la lie, oui, j’ai arraché ce sourire suffisant de ton visage, serré de mes mains ta gorge jusqu’à faire jaillir ton sang : je t’ai bu, j’en ai eu le souffle coupé, horrifié par mon acte démentiel. J’ai aspiré ta vie, depuis la plaie à vif, recrachant le liquide. Des haut-le-cœur se frayaient un chemin pour extraire ta substance de mon être mais j’ai tenu bon.
Je n’ai plus peur, désormais.
Il ne subsiste plus que cette question, entre nous, qui n’a pas su trouver d’écho. Même si je crains de connaître la réponse que tu me feras, je ne peux que te laisser cette ultime chance de t’expliquer sur ta conduite. Considère-le comme une main tendue, la dernière occasion que tu auras de faire valoir ta version des faits, au lieu de laisser le monde spéculer.
Alors ?
Orangina rouge, pourquoi es-tu aussi méchant ?
Il s'agissait d'écrire à son méchant préféré… (S.-F., fantastique, fantasy et thriller en littérature, au cinéma ou à la télévision). Conditions de participation : donner le nom du méchant choisi. Rédiger une lettre à son intention de 15 000 signes maximum (y.c. espaces) replaçant le méchant dans son contexte et faisant preuve d’originalité, d’imagination et de qualités littéraires.
Une question sans réponse
Vous mes amis le soleil vous inonde,
Vous dites que je sortirai de l'ombre,
J'aimerai bien vous croire mais mon cri renonce,
Ma question reste toujours sans réponse
Vous dites que je sortirai de l'ombre,
J'aimerai bien vous croire mais mon cri renonce,
Ma question reste toujours sans réponse
Mike Brant, Qui saura
Chère teigne,
J’espère que cette lettre te parviendra par-delà les mondes. Voilà bien longtemps que tu ne hantes plus nos écrans, uniquement ma mémoire et mes rêves. Bien que tu aies disparu de la circulation, on trouve encore quelques images de toi, éparses, toujours aussi effrayantes. Ta violence, primitive, bestiale, était ton plus évident signe distinctif. Tu as toujours été si fier, si suffisant. Ta cruauté gratuite n’avait d’égal que ta ténacité. C’est ce qui a fait de toi un grand méchant même si tu as connu une gloire éphémère.
À ton époque, il était inconcevable de traverser une forêt sans craindre pour sa vie, la peur au ventre, priant pour ne pas croiser ta route ni entendre retentir ton rire insane. Tu crachais ta vengeance sordide à la face de l’Humanité, sans honte de ce que tu étais, y puisant force et plaisir, te nourrissant de la peur, te rassasiant des cris de panique.
Bien sûr, pour beaucoup tu n’es plus qu’un lointain souvenir un peu amer mais je n’ai jamais pu t’oublier. Je ne me rappelle que trop bien ton regard noir et haineux, et le souffle de ta tronçonneuse quand tu t’approchais pour taillader les chairs. Tu aspirais à barbouiller l’univers d’écarlate.
On ignore tout de tes origines mais je devine que ta silhouette bouffie est le produit de quelque expérience consanguine, que tu es issu d’une longue et pénible dégénérescence génétique. Et quand on pense que, sous cette folie, il y avait un homme bon, comme les autres, un homme qui s’appelait Maurice.
À l’image de tes semblables, tu as survécu à tout. Ce dont tu as réchappé, aucun homme n’aurait pu l’endurer. Frappé par la foudre, expulsé d’une camionnette roulant à tombeaux ouverts, piétiné par un camion, roué de coups, passé à tabac par une vingtaine de gros bras… Rien n’y a fait. Tu t’es relevé de chacune de ces épreuves, plus fort, plus fou, plus féroce. Tu avais de quoi susciter l’admiration ou, à tout le moins, une fascination maculée d’écœurement. Il n’y a guère que face à la famille Addams toute entière que tu as perdu de ta superbe, échouant dans un container à ordures.
Ensuite, tu t’es fait discret. Tu as été détrôné par d’autres énergumènes, plus modernes, et à l’antipathie plus souterraine. Ta méchanceté était trop évidente, tu la portais comme un étendard. Les bad boys comme toi ont toujours été des produits périssables.
J’avais espéré me défaire un jour de ton influence démoniaque, de ton rire glaçant, mais force m’est d’admettre que tu berces toujours mes cauchemars depuis plus de quinze ans.
Oh bien sûr, les autres ne peuvent pas comprendre la terreur muette que tu m’inspires et l’emprise que tu exerces sur moi. Ils ont des démons fantasmés, surpuissants et hideux. C’est ton humanité qui fait de toi un monstre à part, un monstre qui me tétanisera toujours plus que n’importe quel Alien, Gripsou ou Dracula.
Je voulais juste te dire, avant que tu ne joues les fiers à bras, que tu ne me fais plus peur. J’ai vaincu mes démons, je t’ai affronté, j’ai bu la coupe jusqu’à la lie, oui, j’ai arraché ce sourire suffisant de ton visage, serré de mes mains ta gorge jusqu’à faire jaillir ton sang : je t’ai bu, j’en ai eu le souffle coupé, horrifié par mon acte démentiel. J’ai aspiré ta vie, depuis la plaie à vif, recrachant le liquide. Des haut-le-cœur se frayaient un chemin pour extraire ta substance de mon être mais j’ai tenu bon.
Je n’ai plus peur, désormais.
Il ne subsiste plus que cette question, entre nous, qui n’a pas su trouver d’écho. Même si je crains de connaître la réponse que tu me feras, je ne peux que te laisser cette ultime chance de t’expliquer sur ta conduite. Considère-le comme une main tendue, la dernière occasion que tu auras de faire valoir ta version des faits, au lieu de laisser le monde spéculer.
Alors ?
Orangina rouge, pourquoi es-tu aussi méchant ?
Explications :
Avec l'idée de répondre à l'AT Méchants est venu un
constat : des méchants de S.-F.,
fantastique, fantasy et thriller en littérature, au cinéma ou à la
télévision... il y en avait tout simplement trop ! Trop pour en élire un seul, trop pour en laisser tant de côté. Et
puis je me suis dit que le méchant ultime, c'était, au fond, celui qui avait su
marquer les esprits avec un temps de parole très court. J'ai pensé à la pub. De
là, il n'y avait plus l'embarras du choix.
Orangina rouge, c'est un méchant drôle qui se prend au
sérieux. Un costume grotesque et de la méchanceté pure, sans justifications et
sans limites. Mais rien ne se passe pour lui comme il devrait. Et heureusement
pour nous...
samedi 23 février 2013
Comment devenir un écrivain riche et célèbre : le bilan
Le temps est venu de faire le bilan de ma pentalogie bloguesque Comment devenir un écrivain riche et célèbre.Pour ceux qui ignorent ce dont je parle, je les renvoie ici :
- Part 1 : Infiltration
- Part 2 : Verrouillage
- Part 3 : Contamination
- Part 4 : Propagation
- Part 5 : Exfiltration
Ensuite, quelques statistiques :
Certains sont parvenus à trouver la foi par l'intermédiaire de recherches Gogol bien inspirées :
- commnet devenir écrivain et riche
- devenir célèbre en 2013
Réponse : apprends à écrire... et suis ma méthode, ça ne peut pas te faire de mal.
Certains cherchaient des :
D'autres s'interrogent sur :
Certains cherchaient des :
- stylos gendarmerie
- plume écrire
D'autres s'interrogent sur :
- différence griffe d'encre: refus
- refus appel à texte griffe d'encre
- appel à texte différence par griffe d'encre
- appel à texte griffe d'encre différence
Réponse : un acharné, qui plus est ! donc, pour mettre fin à tes souffrances, oui, je te confirme, étranger, j'ai participé à l'AT Différences de Griffe d'Encre et j'ai essuyé un refus. Ceci dit, l'AT est rouvert, si tu veux.
Par ailleurs, 115 visites depuis la Russie, je me demande si Gégé, cité en introduction de la première phase Infiltration fait de l'ego-web ? À moins que ce ne soit Vlad Poutes qui surveille ce qu'on raconte de son investissement ami.
De fait, cette petite chronique m'a donné envie de lire le livre de Steve Hely Comment je suis devenu un écrivain célèbre. Vous avouerez, c'est difficile d'y résister après ça. Et d'ailleurs, je suis en train. La chronique asap.
De fait, cette petite chronique m'a donné envie de lire le livre de Steve Hely Comment je suis devenu un écrivain célèbre. Vous avouerez, c'est difficile d'y résister après ça. Et d'ailleurs, je suis en train. La chronique asap.
vendredi 15 février 2013
L'étrange vie de Nobody Owens
Un nouveau Gaiman de derrière les fagots.
Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l'a recueilli et l'a élevé comme l'un des leurs, sous l’œil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd'hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l'heure est venue d'aller l'affronter une bonne fois pour toutes. À l'extérieur.
Si je n'avais pas accroché à Des choses fragiles, j'ai retrouvé dans Nobody Owens tout ce que j'apprécie chez Gaiman : l'univers original, l'écriture fluide et poétique, l'ambiance prégnante. Plutôt constitué comme un fix-up − certains chapitres sont clairement structurés comme des nouvelles indépendantes − le livre gagne à ce morcellement, en relançant l’intérêt avec une intrigue multiple et un fil rouge, le Jack.
Court, drôle, original. Oh yeah.
Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l'a recueilli et l'a élevé comme l'un des leurs, sous l’œil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd'hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l'heure est venue d'aller l'affronter une bonne fois pour toutes. À l'extérieur.
Si je n'avais pas accroché à Des choses fragiles, j'ai retrouvé dans Nobody Owens tout ce que j'apprécie chez Gaiman : l'univers original, l'écriture fluide et poétique, l'ambiance prégnante. Plutôt constitué comme un fix-up − certains chapitres sont clairement structurés comme des nouvelles indépendantes − le livre gagne à ce morcellement, en relançant l’intérêt avec une intrigue multiple et un fil rouge, le Jack.
Court, drôle, original. Oh yeah.
lundi 11 février 2013
Comment devenir un écrivain riche et célèbre (5/5)
Voici venir la conclusion de notre saga de l'hiver Comment devenir un écrivain riche et célèbre. Suivie par plus de 10 fidèles péquins, tassés au bord du zinc en train de déguster un petit noir pour se remettre de tout ça, je sers le dessert sans plus attendre :
Étape 5 : Exfiltration
Il est temps, mon ami. Tu es grand, tu es beau. Tu as conquis l'Univers Littéraire Microcosmique. Ton nom est synonyme de puissance, de verve et de douce subversion. C'est toi que les autres citent en exemple désormais et cherchent à rallier à leur bannière.
Mais ta soif de célébrité et de richesse est insatiable. Ici, tu es en terrain conquis. Il faut te tourner vers de nouveaux horizons. Vers de nouvelles contrées vierges. Tu ne peux plus guère grandir dans cet Univers qui t'a enfanté et qui est désormais moins accueillant qu'une prison mexicaine.
Claque une bise, coupe un oignon pour avoir l'air sensible. Le Monde s'offre à toi, tel un fruit mûr et juteux dans le vert pré voisin. Où que porte ton regard, il contemple avec envie : la littgen, le polar, le thriller, la bit-lit, la paranormal romance, la jeunesse, le porno innovant, la BD, le jeu de rôle, les wargames, le théâtre, le jeu vidéo, la télévision, le cinéma...
Certes, tu reviendras, périodiquement, épisodiquement, telle une rock star, à tes premières amours. Ne serait-ce que pour bénéficier de l'aura que tu as acquise dans ton milieu natal. Et puis il faut avouer que les festivals d'Imaginaire, avec ton statut, c'est quand même : le voyage, l'hébergement, la bouffe, payés ; les tables rondes et les dédicaces, assurées. De là à être bombardé coup de cœur, il n'y a qu'un pas.
Contrairement à l'adage, l'important ce n'est pas de ne jamais oublier d'où l'on vient. C'est de surtout ne jamais perdre de vue où l'on veut aller...
Tu ne pars pas les mains vides. Tu es aguerri de plusieurs années de camouflage, de ruse, de mensonge, de coups de poignards dans le dos, de sourires de façade, de médisance classe et de suffisance crasse.
Quoi que tu choisisses, tu t’intégreras très bien.
Tes éditeurs peuvent être fiers de toi, petit. Va, vis et deviens.
Étape 5 : Exfiltration
Il est temps, mon ami. Tu es grand, tu es beau. Tu as conquis l'Univers Littéraire Microcosmique. Ton nom est synonyme de puissance, de verve et de douce subversion. C'est toi que les autres citent en exemple désormais et cherchent à rallier à leur bannière.
Mais ta soif de célébrité et de richesse est insatiable. Ici, tu es en terrain conquis. Il faut te tourner vers de nouveaux horizons. Vers de nouvelles contrées vierges. Tu ne peux plus guère grandir dans cet Univers qui t'a enfanté et qui est désormais moins accueillant qu'une prison mexicaine.
Claque une bise, coupe un oignon pour avoir l'air sensible. Le Monde s'offre à toi, tel un fruit mûr et juteux dans le vert pré voisin. Où que porte ton regard, il contemple avec envie : la littgen, le polar, le thriller, la bit-lit, la paranormal romance, la jeunesse, le porno innovant, la BD, le jeu de rôle, les wargames, le théâtre, le jeu vidéo, la télévision, le cinéma...
Certes, tu reviendras, périodiquement, épisodiquement, telle une rock star, à tes premières amours. Ne serait-ce que pour bénéficier de l'aura que tu as acquise dans ton milieu natal. Et puis il faut avouer que les festivals d'Imaginaire, avec ton statut, c'est quand même : le voyage, l'hébergement, la bouffe, payés ; les tables rondes et les dédicaces, assurées. De là à être bombardé coup de cœur, il n'y a qu'un pas.
Contrairement à l'adage, l'important ce n'est pas de ne jamais oublier d'où l'on vient. C'est de surtout ne jamais perdre de vue où l'on veut aller...
Tu ne pars pas les mains vides. Tu es aguerri de plusieurs années de camouflage, de ruse, de mensonge, de coups de poignards dans le dos, de sourires de façade, de médisance classe et de suffisance crasse.
Quoi que tu choisisses, tu t’intégreras très bien.
Tes éditeurs peuvent être fiers de toi, petit. Va, vis et deviens.
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